Vie autonome Scolarité Page suivante Page précédenteGavée de trois années de maîtresse d'internat dans un collège à gendarmer et à supporter la période « âge bête », je voulais être mutée sur un lycée. J'en avais assez de faire des allers-retours entre le collège et la fac où j'étudiais. Justement, une amie étudiante lâchait son poste de surveillante au Parc Saint-Agne, un lycée spécialisé pour élèves handicapés. Je ne pouvais espérer mieux, c'est dans cet unique lycée que j'ai demandé ma mutation. Et j'ai été retenue. À la réunion préparatoire de rentrée scolaire, le directeur m'a proposé d'effectuer du secrétariat d'élèves à la place de la surveillance d'études. C'était tout à fait nouveau pour moi. En effet, il n'était pas du tout question de réaliser des tâches administratives mais d'écrire sous la dictée de l'élève, des devoirs ou des contrôles. Au début, j'étais un peu mal à l'aise et maladroite car il fallait que je m'habitue à la diction particulière des élèves. Mais avec un minimum d'informations sur les handicaps, de la pratique et l'aide de mes autres collègues secrétaires, je me suis sentie très vite bien dans cet établissement. Et avec le recul, je peux affirmer que ce sont mes trois plus belles années professionnelles. J'ai été secrétaire de septembre 1991 à juillet 1994. J'ai reçu une leçon d'humanité et d'humilité. J'ai connu des adolescents et des adultes cassés, chacun avec sa singularité et son lot de souffrances. Certains étaient handicapés de naissance, d'autres accidentés, mais ils avaient tous la même joie de s'en sortir, grâce à l'école, au sport ou autre... C'est dans ce contexte que j'ai connu Claude, en troisième à l'époque. Son professeur de mathématiques est venu me trouver pour voir si je pouvais prendre Claude en secrétariat. Il supposait en lui des capacités. Mais à cause de son manque de confiance en lui et son côté étourdi, il échouait là où il devait normalement réussir. C'est ainsi que nous avons travaillé ensemble en mathématiques. Nous avons très vite accroché, il me faisait rire. Il voulait arriver tellement vite au résultat qu'il en oubliait les étapes et se plantait. Très vite, les maths sont devenues assez ludiques et Claude laissait éclater sa joie quand il réussissait. Si mes souvenirs sont bons, je pense qu'il avait progressé et j'avais, ma foi, une certaine fierté. Mais la vie a suivi son cours, j'ai demandé en 1994 ma mutation pour me rapprocher de mon conjoint. C'est par le biais du site « copains d'avant » que j'ai retrouvé Claude. J'étais curieuse de savoir ce qu'étaient devenus les quelques élèves que j'avais connus. J'ai retrouvé le Claude que j'avais connu comme si les 18 ans qui s'étaient écoulés depuis notre rencontre au lycée n'avaient en rien altéré notre relation. J'avais laissé un ado, j'ai retrouvé un adulte relativement autonome et surtout nettement plus ouvert qu'au lycée. Il est prêt à parler de tout, même des sujets les plus délicats voire très intimes. La barrière entre l'élève et la secrétaire est tombée.
Sur cette page, je vais laisser la parole à une personne que j'estime beaucoup, qui s'appelle Anne-Marie. À l'époque de notre rencontre en 1991, cette jeune fille de huit ans plus agée (née en 1969 comme mon frère), travaillait comme secrétaire au lycée du Parc Saint-Agne, le lycée spécialisé Ramonvillois, où j'ai fait ma scolarité de la troisième jusqu'au BTS comptabilité et gestion. J'étais un jeune garçon immature qui a beaucoup souffert de mon entrée en pension. J'allais rentrer en troisième. J'avais toujours eu des problèmes pour comprendre les mathématiques. Mon prof, Monsieur Besnard, désespérait. J'ai rencontré Anne-Marie dans ce cadre. Jeune étudiante dynamique d’origine espagnole aux beaux yeux bleus et au sourire charmant, elle était fréquemment habillée en Jeans et portait des Santiags. J’évoque ce souvenir avec beaucoup de tendresse... Elle suivait des cours à la faculté de Toulouse. Anne-Marie m'aidait à progresser en math, mais aussi dans les autres matières et ordonner ma pensée. Une relation d’apprentissage comme un maître avec son élève. J’avais beaucoup de chance de l’avoir... 15 ans après notre dernière rencontre, j’ai l’immense joie de retrouver Anne-Marie, qui exerce aujourd’hui le dur métier d’assistante de vie aux familles, diplôme à mi chemin entre l’aide à domicile et l’auxiliaire de vie sociale. Quand j'ai su qu'elle s'occupait de personnes handicapées et dépendantes, il est apparu évident pour moi de lui laisser une pleine page de mon site Internet, pour qu'elle puisse s'exprimer sans contrainte, en toute liberté. Le contraire aurait été un non-sens car c'est une personne de qualité, très ouverte qui m'a toujours ouvert des perspectives, à 14 ans comme à 32 ans. De plus, elle a des choses à dire, donc allons y gaiement.
Actuellement, je suis assistante de vie aux familles. Ce n'était pas du tout mon projet professionnel, je suis arrivée là par accident. Mais en y réfléchissant bien, ça répond à une certaine logique, mon envie d'être utile aux autres, à l'être humain quel qu'il soit. Je savais depuis la classe de troisième que j'avais un profil à travailler dans le domaine du social. Depuis petite, j'aimais toujours rendre service. Au départ, je voulais faire quelque chose dans le milieu scolaire, l'éducation. J'ai fait pas mal de soutien scolaire, j'ai été bénévole à l'Association des Enfants Malades de l'Ariège (AEEMA), il s'agissait d'enfants malades (cancers,maladies cardiaques...) ou accidentés. J'ai fait des stages dans des écoles, je garde un très beau souvenir d'un stage fait à l'école d'Ancely (Purpan), on y intégrait des enfants malentendants. C'était en 1989. En juillet 1994, quand j'ai quitté le Parc, je pensais retrouver un boulot équivalent au secrétariat d’élèves en Ariège mais il n'existait que des structures pour handicapés mentaux. L'intégration dans les écoles dite « normale » n'était pas aussi développée qu’aujourd’hui. J’ai fini par frapper à la porte d’une association en 1996, « Ariège Assistance » pour exercer le métier d’aide à domicile. En juin 2008, j’ai passé une Validation des Acquis de l’Expérience (V.A.E) qui, comme son nom l’indique, m’a permis de valider 12 années de pratique sur le terrain auprès des personnes dépendantes et je suis passé d’aide à domicile à assistante de vie aux familles.
Ce que Anne-Marie oublie de vous dire, c'est que même si en classe de seconde ma secrétaire a changé, nous avons tout de même continué à nous fréquenter. Elle assurait régulièrement certains de mes interrogations et à chaque collaboration, j'éprouvais beaucoup de plaisir à la revoir et à travailler avec elle. D’ailleurs, à chaque contrôle, j’espérais secrètement que ce soit elle qui assure. De plus, en classe de troisième, on s’échangeait des CD, je lui en prêtais, elle m’en prêtait. Notre relation a toujours été basée sur le dialogue et le partage, les principes fondamentaux de l’amitié. Une amitié naissante mais franche et sincère dans le respect de chacun. Il est vrai que je n'ai pas toujours été très ouvert aux autres au Parc Saint-Agne, plutôt renfermé même. J’étais assez mal dans ma peau, mais je revendique le fait que je me suis toujours senti bien avec Anne-Marie, j'ai toujours parlé avec elle. C'est quelqu'un qui a un regard bienveillant sur moi et les gens dont elle s’occupe. Quand elle est partie en 1994, je l'ai raccompagné le coeur et la gorge serrés à la porte de l'établissement. Nous avons échangé nos adresses postales et communiqué épisodiquement jusqu’en 1997, mais cela n’a pas tenu, probablement par manque de maturité de ma part, la distance et les aléas de la vie. J’ai beaucoup regretté l’échec de cette première relation épistolaire. J'étais bien loin de me douter à l'époque du Parc que 15 ans après, nos chemins allaient de nouveau se croiser grâce à la magie d’internet. J’ai voulu reprendre notre relation là où elle s’était arrêtée, comme si le temps avait été suspendu et que nous nous étions quittés hier. Quand je donne mon amitié à quelqu'un, sauf grosse déception de sa part, c'est pour la vie. Je suis quelqu'un de très fidèle et j’ai découvert que Anne-Marie l’était aussi. Quel bonheur !
Anne-Marie, la jeune secrétaire ariégeoise devenue assistante de vie...
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