Vie autonome Tout sur mon handicap Page suivante Page précédenteIl y avait un roulement journalier : c’était une personne différente chaque jour pour éviter que je m’habitue trop et que je demande toujours aux mêmes de m’aider. Je crois même que la personne changeait au moment du repas, pour permettre à l’élève qui m’aidait en classe de souffler. Ainsi, grâce à ce roulement, je côtoyais l’ensemble des élèves et tous s’occupaient de moi avec un certain dévouement. Il y avait une énorme chaîne de solidarité. En y repensant, 20 ans après, je me dis que j’ai eu beaucoup de chance de bénéficier d’une telle attention (que ce soit d’ailleurs à Caderousse, Sorgues, ou Bédarrides)... Ces élèves ont rempli à tour de rôle la fonction d’auxiliaire de vie scolaire, comme il en existe aujourd’hui pour les enfants handicapés que l’on intègre en milieu scolaire classique... Bon bien sûr, je ne me leurre pas, je sais que je n’ai pas été aimé par tout le monde. Je reconnais que je n’ai pas toujours été d’un caractère facile ni malléable, mais j’espère néanmoins avoir laissé une trace positive sur certains de mes camarades et que quand ils voient une personne handicapée en difficulté dans la rue, ils s’arrêtent et ils l’aident. Je raconterai une anecdote que m’a rappelé un professeur retrouvé il y a quelques temps... Il m’a dit que je m’amusais à aller à fond dans les couloirs avec mon fauteuil électrique et faire des dérapages contrôlés avec mes camarades de classe. J’en avais toujours un qui montait derrière et qui participait au jeu.Avec les pneus noirs, cela laissait des traces. Au moins, on savait que j’étais passé. Les professeurs étaient alors partagés entre me gronder et éclater de rire. Je crois me souvenir qu’ils ne disaient pas grand chose. A des moments, je rigolais tellement avec mes copains que j’avais de grosses fuites urinaires. En effet quand on a mon handicap, on a des problèmes pour contrôler ses sphincters. Quand on rit trop, ils se relâchent et vous faîtes sur vous. Ma mère ne l’assumait pas et ça se terminait le soir en rentrant par une crise de psychodrame. Pour éviter les problèmes, je me retenais de rire mais quelquefois c’était difficile... J’avoue que j’aurais préféré que l’on me mette des changes complets que je puisse rigoler avec mes copains, plutôt que de me faire gronder parce que j’avais fait sur moi... Pour aller aux toilettes, j’étais aidé par les surveillants et surveillantes qui faisaient cela avec beaucoup d’humanité. Je me rappelle aussi des compétitions d’Echecs, des sorties scolaires. Les Echecs sont un formidable jeu de stratégie qui stimule les neurones. Je n’étais pas toujours très bon, il y avait toujours meilleur que moi. Je me rappelle de la seule médaille de bronze gagnée par équipe lors de championnats départementaux. Je me rappelle des 2 seules heures de colle de ma carrière d’écolier parce que j’avais eu 1/20 en biologie. De l’obsession de ma prof de biologie de 4ème 3 à vouloir me faire éplucher un haricot et qui m’engueulait parce que je n’y arrivais pas (je l’aimais bien quand même)... J’étais plutôt un bon élève. Je crois que j’ai eu plusieurs fois le tableau d’honneur avec 12/20 de moyenne générale et n’ai redoublé aucune classe. J’étais plus un littéraire qu’un matheux. J’aimais le Français, l’Histoire-Géographie, les Langues vivantes, l’informatique, l’éducation civique. Je détestais la Physique-Chimie et la Biologie...
Je positionnais le fauteuil électrique sur la plate-forme et ce dernier était monté électriquement avec une télécommande. En y repensant, ce n’était pas toujours sécurisant. L’élévateur a coûté très cher et marchait une fois sur trois. De plus, dans le fourgon, il n’y avait pas d’attaches au sol, ce qui était dangereux lors d’un violent coup de frein ou un virage un peu rude. Le fauteuil pouvait bouger et se mettre sur deux roues. Ca m’est arrivé. Bref, à l’époque, nous ne pouvions pas faire autrement, donc, il fallait bien faire avec. Disons simplement que de nos jours, ce matériel ne serait pas du tout réglementaire... C’était donc ma mère qui s’occupait de m’habiller le matin. Mon père était au boulot. Arrivé au collège, j’étais pris en charge par un(e) élève de ma classe, lequel ou laquelle était chargé(e) de s’occuper de moi durant la journée. Le camarade me sortait les affaires du sac, m’aidait à la prise de notes lorsque j’en avais besoin.
Après une intégration en primaire sans problème et sans redoubler aucune classe, le temps était venu de trouver un collège qui serait d’accord pour m’accueillir et savoir gérer mon handicap pour mon entrée en sixième. Ma famille avait retenue deux collèges : un sur Avignon et un autre sur Bédarrides. Je ne sais plus pour quelle raison le collège sur Avignon n’a pas été retenu, mais je suis allé à Bédarrides, peut-être pour intégrer la classe section jeu d'Echecs avec Monsieur GUADALPI . Je remercie Madame MILON , directrice de l’époque, et Monsieur MAGALON , conseiller d’orientation, de m’avoir accueilli dans leur établissement. Je suis rentré, en classe de 6 ème 4, en septembre 1988. J’étais assez stressé au moment de la rentrée, car l’organisation allait être sensiblement différente qu’en Primaire. La structure était plus grande. Est-ce que les élèves allaient m’accepter ? Par exemple, en Primaire, j’allais tous les matins en fauteuil électrique à l’école et je rentrais tous les midis chez moi pour le repas. A Bédarrides, c’était impossible, il fallait que je reste manger à la cantine, car je n’aurais jamais eu le temps de rentrer chez moi. Et puis, c’était plus sympa de manger avec les copains, d’être libéré un peu de l’emprise des parents. Bédarrides se situe à peu près à 5 km de Sorgues, ce qui n’est pas très loin, mais pour transporter un fauteuil électrique de près de 120 kilos (avec moi dedans), il faut un véhicule adapté. Heureusement, nous avions investi dans un fourgon à partir de 1985, avec un hayon élévateur à l’arrière.
Ma scolarité en milieu classique : Le Collège Saint Exupéry à Bédarrides (1989-1991)
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